Début mai, les moissons ont débuté au Maroc, les blés jaunes d'or n'attendent que d'être coupés. Des champs immenses bordent l'autoroute qui relie Casa à Marrakech, je regarde, pas une seule moissonneuse en vue, pourtant des trous dans les champs indiquent que les blés ont été coupés.
Puis je remarque des groupes d'hommes et de femmes au milieu des champs, justement dans un de ces trous que j'avais précédemment observé. Je suis interloquée, c'est à la main que sont coupés une grande partie de ces champs immenses. Oui à la main et les gerbes sont nouées avec des tiges de blé.
Les moissonneuses sont rares, parfois on voit des bottes de foins parallélépipédiques, vous savez celles qui étaient dans nos champs ici en Suisse avant les immenses cylindres. Là-bas pas encore un seul cylindre de paille. Juste des bottes et des meules, et une récolte encore très souvent pratiquée à la main. Il y a un déplacement de nos vieilles machines vers le sud, ça fait bizarre de l'observer. J'ai l'impression qu'ici on est dans le toujours plus productif, au détriment de l'entraide familiale ou des voisins. J'ai l'impression que des valeurs d'entraide, de soutien sont là-bas encore bien vivantes. Ici on essaie de les retrouver et là-bas on risque bien de les leurs enlever. Mais je crois dans le bon en l'humain et je souhaite que l'on se réveillera tous assez vite pour ne pas casser ce qui ne tient qu'à un fil.