Du 18 juin au 2 juillet 2006, je me suis rendue en Palestine dans le cadre d’une mission patrimoine organisée par le Comité Urgence Palestine de Genève http://www.urgencepalestine.ch/Agenda/news.html. Nous étions 14 à être interessés par ce thème; travaillant dans le domaine du patrimoine ou non, c’est avec beaucoup d’intérêt que nous avons découvert la Palestine par ce biais.
Notre voyage nous a amené à Hébron, Jérusalem, Ramallah et Naplouse où nous avons rencontré surtout diverses ONG qui travaillent à la réhabilitation du patrimoine, mais également qui travaillent dans le domaine du social. On se rend compte quotidiennement que la réhabilitation d’une maison, d’un quartier constitue un acte social.
Par exemple, la vieille ville d’Hébron a été désertée de ses habitants passant de 10 000 habitants en 1952 à 500 en 1996 (selon les chiffres de l’UNESCO). Aujourd’hui pour repeupler ce centre historique, le comité de réhabilitation restaure les maisons en les adaptant au confort moderne (cuisine, salle de bains, eau courante, électricité) et enjoint les Palestiniens à revenir habiter là en les exonérant de tout loyer pendant 5 ans, en leur offrant également la sécurité sociale. Ces avantages incitent des gens souvent pauvres à revenir, même si les conditions de vie ne sont pas optimales. Leur pauvreté vient souvent du fait que les Israéliens empêchent les Palestinens de
travailler par exemple leur interdisant d’ouvrir leur magasins dans le souk.
Un souk aux magasins fermés c’est glauque! Si vous avez déjà visité les pays arabes, vous savez que c’est un lieu de vie intense et particulièrement animé. La photo 1 ci-jointe a été prise en pleine journée et en semaine (et pas un vendredi), à une heure où l’activité aurait dû battre son plein!
Un autre aspect très choquant de cette ville est le nombre de check-points qu’il faut traverser pour se rendre d’un point à l’autre. Dans le même esprit, des
détours sont imposés aux habitants, des rues sont barrées par des bidons remplis de terre ou de béton, des murs sont érigés, des portes condamnées (photo 2)…pourquoi? Nous n’avons vécu ces vexations que durant 3 jours, les habitants les vivent quotidiennement. Et pour nous européens, c’est facile de montrer plusieurs fois son passeport, d’ouvrir son sac à tous les coins de rue et le présenter aux soldats ou encore de passer par le détecteur de métaux, ça ne nous fait que perdre un peu de temps…Mais lorsque l’on doit aller travailler et que l’on nous impose détours et contrôles, qu’un trajet de 10min ne se fait qu’en 1 heure! C’est différent!
Je vais terminer ce premier état des lieux par une note plus gaie…et oui, c’est possible. Là-bas même si les gens souffrent et s’ils sont humiliés, ils vivent et ont un courage immense pour toujours reconstruire ce qui a été détruit, pour aller de l’avant et espérer en des jours meilleurs. Justement pour rendre la vie peut-être moins pénible, le comité de réhabilitation s’est également chargé de faire des places de jeux pour les enfants (photo 3).
Il faut encore dire que les fonds qui permettent ces réhabilitations viennent notamment de pays de la communauté européenne, des pays arabes et du Japon.