L’abri du Poisson (Dordogne) est assez petit et il doit son nom au saumon qu’un préhistorique a sculpté sur son plafond. Nous étions une petite équipe d’archéos à visiter cette grotte, tous couchés sur le sol pour admirer le saumon. Quand il a su que j’étais suisse, l’archéologue qui nous montrait l’abri a pris un grand plaisir à nous raconter que c’était un de mes compatriotes qui était à l’origine de la tentative de vol de cette célèbre gravure de saumon.
Randall White dans son récent ouvrage (voir mes bouquins préférés ci-dessous) en décrit une toute autre version. Il dévoile que les véritables instigateurs du prélèvement étaient français et ont même fait cela dans le dos de l’archéologue suisse accusé à tort (article de Libération).
Tout cela se passe juste avant la première guerre mondiale, dans un contexte où il était normal de faire du commerce des objets archéologiques. Cette affaire est d’ailleurs à l’origine de la première loi sur la protection du patrimoine en 1913.